Gématrie : synthèse

vendredi 1er juillet 2011
par  Neimad
popularité : 36%

Les dif­fé­rents articles de la rubrique "Gématrie" nous amènent à inter­roger les lin­guistes et les mathématiciens :

  • Aux lin­guistes : comment expliquer la relation mathé­ma­tique existant entre des mots appar­tenant au même champ lexical, étant donné que les mots d’un langue ont évolué avec le temps et que l’alphabet, l’écriture et l’orthographe sont des créa­tions humaines. Faut-​​il com­prendre qu’il existe des lois mathé­ma­tiques en-​​deçà des règles lin­guis­tiques de trans­for­mation des langues (elles-​​mêmes dues aux échanges lin­guis­tiques et aux pos­si­bi­lités de notre appareil pho­na­toire) ? Faut-​​il com­prendre que les langues, quelques soient leurs évolu­tions, suivent une trame dont les égalités sont la trace, dont les nombres sont les marqueurs ?
  • Aux mathé­ma­ti­ciens : comment expliquer la mul­ti­plicité des égalités, et en par­ti­culier des égalités de second niveau avec des champs lexicaux qui se croisent, à partir des seules pro­ba­bi­lités ? Doit-​​on com­prendre que la diversité du voca­bu­laire et le nombre moyen de lettres dans un mot suffit à expliquer la réap­pa­rition des mêmes nombres et ainsi des égalités entre mots de sens proche ? Combien faudrait-​​il de résultats dans un même champ lexical, ou dans un nombre suf­fisant d’expressions et de pro­verbes, pour pro­voquer un doute rai­son­nable chez le scien­ti­fique ? Si ces résultats ne sont pas l’effet du hasard, alors qu’est-ce que c’est ?

Après dis­cussion avec des mathé­ma­ti­ciens sur un forum consacré aux pro­ba­bi­lités, il apparaît comme for­tement pro­bable de trouver une relation entre deux mots lexicaux dans une liste d’une ving­taine de mots seulement, autrement dit une égalité de premier niveau tous les 20 mots. C’est ce que l’on constate empi­ri­quement dans nos résultats. Cette pro­portion se retrouve également dans le dic­tion­naires des syno­nymes et des mots avoi­si­nants de Bertand Chazeau : près de 50 000 entrées pour 1 million de syno­nymes (le dic­tion­naire parle de 60 000 entrées mais une partie d’entre elles renvoie à d’autres mots), soit 5%, soit deux syno­nymes tous les 20 mots…

Avec un lexique de 20 000 mots et une moyenne de 200 mots par champ lexical, quelle est la pro­ba­bi­lités que deux mots soient liés par un même champ lexical ? Appelons N ce nombre.

La pro­ba­bilité que deux mots soient liés par un champs lexical donné par l’un ou l’autre des deux mots serait p = N(N-1)/.

On peut partir du principe que si le mot A est dans le champs lexical du mot B, alors le mot B est dans le champs lexical du mot A.

Pour N = 200, p = 0.0001

Estimons à p la pro­ba­bilité que deux mots soient reliés (donc (1-​​p) pour que deux mots soient libres).

On a P1(10 mots choisis sont libres) = (1-p)45 On a P2(100 mots choisis sont libres) = (1-p)4590

En rem­plaçant p par 0.0001 (deux mots au hasard auraient seulement 0,01% de chance d’être liés par un même champs lexical), on obtient :

P1= 1 P2= 0.61

Autrement dit, avec un champ lexical estimé à 200 mots, la pro­ba­bilité de trouver deux mots appar­tenant à un même champ lexical est assez élevée (p=0,39).

Mais nos résultats appartiennent-​​ils à des champs lexicaux aussi vastes que des familles de 200 mots ? Où com­mence et où finit un champ lexical ?

Prenons pour exemple le nombre 49. Les mots que nous avons associés sont les suivants :

  • boire/​soif
  • bétail/​boeuf/​veau
  • larme/​peine

Nous n’avons pas retenus les résultats suivants :

  • règne/​obéir/​sceau/​phase/​apogée
  • schéma/​salle/​chalet/​espace/​clos/​hôtel
  • seiche/​milan/​veau/​boeuf

Pourquoi ? Parce que pour expliquer le lien entre "règne" et "obéir", on est obligé de passer par un troi­sième terme, "roi" par exemple. Même remarque pour "chalet" et "hôtel", etc. Les autres rela­tions ne sont plus évidentes : entre "sceau" et "apogée", "schéma" et "salle", etc.

A la place du mot "champ lexical", nous devrions uti­liser des connec­teurs logiques

U (au sens de "est de la même famille que") = synonyme

=/​= (au sens "est l’opposé de") = antonyme

=> (au sens de "est la cause de") = relation de causalité

Ainsi :

soif => boire

bétail U boeuf U veau

peine => larme

Nous excluons ainsi le symbole logique E (au sens de "appar­tient à un ensemble plus vaste"), de type :

salle E hôtel

hôtel E espace

apogée E phase

Dès lors, la défi­nition étant plus stricte, les pro­ba­bi­lités d’obtenir deux mots avec ce type de rela­tions diminue.

Par ailleurs, les pro­ba­bi­lités suffiraient-​​elles à expliquer les résultats obtenus, la façon dont ces résultats ont été obtenu ne se confond pas avec un tirage aléa­toire. La démarche reste originale.

Sup­posons que la gué­matrie s’apparente à un tri aléa­toire et que les égalités obtenues s’expliquent par les seules pro­ba­bi­lités, alors :

1) Des résultats simi­laires devraient se retrouver dans toutes les langues

2) Des syno­nymes devraient être trouvés tous les 20 mots environ, il y donc peu de chances de relier tous les mots d’un même champ lexical (par exemple tous les mots reliés à la cuisine)

Or, c’est bien ce que nous observons jusqu’ici. Les résultats en anglais semblent pro­met­teurs (1). Nous com­mençons tout juste les autres langues. D’un autre côté, cer­taines champs lexicaux ou cer­tains pro­verbes ne trouvent pas d’explication (2).

Mais qu’est-ce que sont les pro­ba­bi­lités ? Des sta­tis­tiques sur la répé­tition d’évènements dans le monde en l’absence de toute influence psy­chique ou sur­na­tu­relle. Ainsi, la pro­ba­bilité d’apparition du chiffre 6 sur un lancer de dé est de 1 sur 6. La phy­sique suffit à tout expliquer, il n’y a pas besoin de "chance" ou d’autre chose. Les pro­ba­bi­lités sont équi­va­lentes à la phy­sique quan­tique dans l’ordre de la pensée : ce sont des règles de mesure et d’observation, mais ce ne sont pas des lois de la phy­sique ou des expli­ca­tions. On cherche tou­jours aujourd’hui à expliquer la phy­sique quan­tique. C’est d’ailleurs pourquoi cela révoltait Ein­stein : parce que cela res­sem­blait un échec pour l’esprit humain face à la com­pré­hension de la nature, la limite de sa raison…

Quelque soit la pro­ba­bilité d’obtenir des syno­nymes dans nos listes de résultats, les asso­cia­tions que nous avons obtenus sont claires, belles, par­lantes, évidentes, com­pré­hen­sibles par tous ceux qui par­tagent la même langue. C’est aussi étonnant que les pro­por­tions des plantes et du corps humain, que le dia­mètre apparent de la Lune par rapport au Soleil lors des éclipses… Elles sont exac­tement iden­tiques ? Cela a évidemment une expli­cation. La Lune était plus proche avant, elle sera plus éloignée demain. Mais aujourd’hui, à l’époque où l’homme vit, il voit la Lune recouvrir pré­ci­sément le Soleil, ni plus, ni moins…


Gématrie : principe de base

Gématrie : les égalités de premier niveau

Gématrie : les égalités de second niveau

Gématrie : les inéga­lités à 1 près

Gématrie : les nombres inversés

Gématrie : les jeux de mots

Gématrie :les égalités dites de nombre
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Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?


4 votes

Commentaires

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dimanche 19 août 2012 à 21h03 - par  syagrius

Vous voulez que les résultats soient enre­gistrés et ensuite voir les correspondances ?
Si oui quelle table uti­lisez vous ?
Par contre je compte sur vous pour ajouter un maximum de mot…

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dimanche 19 août 2012 à 20h43 - par  ianop

OK, ça marche, mais je vou­drais main­tenant uti­liser l’outil 2 avec ma cor­res­pon­dance (liste de mots de même valeur). Est-​​ce possible ?
Merci

A +
Ianop

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dimanche 19 août 2012 à 19h01 - par  syagrius

Décidément, retente, n’oublie pas de re-​​actualisez la page… Ca doit etre ok

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dimanche 19 août 2012 à 10h14 - par  ianop

Non, pas toutes les lettres. Il y a deux sub­sti­tu­tions : C = 4 et F = 200, et deux lettres sans valeur , le D et le T. Le 3 n’apparaît pas.
Mon système est WINDOWS XP (pas jeune mais en bon état). Mon navi­gateur est MOZILLA FIREFOX.
Dîtes-​​moi où activer les cookies.

samedi 18 août 2012 à 23h21

Vous parlez pour toute les lettres ? Avez vous activez les cookies ?
Quel navi­ga­teurs, système d’exploitation avez vous ?

L’outil marche sous FF, IE, iPhone …
Je viens d’essayer sur 2 postes et via iPhone et cela fonctionne

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samedi 18 août 2012 à 21h44 - par  ianop

Aucun changement, cela ne passe toujours pas (le C, le D, le T et le U).

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vendredi 17 août 2012 à 15h31 - par  syagrius

Actualisé la deuxième page, les données sont dans un cookie…vous verrez les valeurs seront correctes…
Dites moi si c’est ok

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vendredi 17 août 2012 à 15h11 - par  ianop

Merci pour ces déve­lop­pe­ments. Mal­heu­reu­sement la cor­res­pon­dance que j’ai enre­gistrée (A = 1, B = 2, C = 3,…, J = 10, K = 20, L = 30,…, S = 100, T = 200, U = 300,…, Z = 800) ne passe pas.

A bientôt

Ianop

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vendredi 17 août 2012 à 11h16 - par  syagrius

Nous avons mis en place un nouvel outil afin d’allez plus loin.
Désormais vous pourrez choisir la valeur de chaque lettre et ensuite l’outil vous cal­culera la valeur d’un mot ou d’une phrase (chaque mot sera séparé)

Partagez vos résultats et si vous avez des demandes n’hésitez pas..

Voir la liste de tout nos outils en ligne pour la gématrie

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mardi 7 août 2012 à 11h19 - par  ianop

Effec­ti­vement, des cor­res­pon­dances aléa­toires per­met­traient assez rapi­dement de se rendre compte de l’intérêt d’utiliser des cor­res­pon­dances non aléa­toires (à mon sens).
Prenons le groupe "88". Nous avons à la suite : abat-​​jour, ban­quise, brillant, brûlant, ciga­rette.
Le groupe "94" = bruyère, car­touche, char­gement, chasseur.
Le groupe "59" = accident, auberge, bougie, brume, château, dragon. Etc.
Je pense que (à priori) de telles suites d’analogies sont impro­bables avec l’aléatoire. Comme je l’ai dit, nous devons partir de l’hypothèse que tous les mots d’une même famille sont "reliés", même si ces liens court-​​circuitent la linéarité. De là l’intérêt à piéger le champ lexical en creusant l’arborescence.
Et si les résultats sont encore mitigés, il faudra en accuser la langue, et non la guématrie.

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lundi 6 août 2012 à 14h06 - par  Neimad

Merci lanop pour vos remarques. Il est effec­ti­vement pos­sible de faire des tests avec d’autres chiffres, mais dans ce cas, nous devrions prendre des chiffres aléa­toires, et voir si cela donne la même fré­quence de rapprochements…

En ce qui concerne la relation sym­bo­lique entre les mots, cela enlève tout sens scien­ti­fique à la démarche, puisqu’on peut trouver un lien "poé­tique" entre n’importe quels termes, il suffit de demander aux poètes et aux slameurs…

Ce que l’on cher­chait, ce sont des rela­tions évidentes entre les mots, des mots que n’importe qui met­trait ensemble dans la même famille ou dans le même champ lexical… avant de s’apercevoir que ces mots ont une relation numé­rique entre eux.

Par exemple, si je prends "cheveu", je pense natu­rel­lement à peigne, sham­poing, pel­licule, blanc, brosse, poil, chauve.… Y a-​​t-​​il un lien numé­rique entre ces mots ?

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samedi 4 août 2012 à 16h21 - par  ianop

Bonjour,

Il est pos­sible que la per­ti­nence du champ lexical soit fonction de la com­plexité de l’arborescence numé­rique … (mais ce n’est pas certain).
Lorsque nous passons de la famille "4" à la famille "49", nous avons dif­fé­rencié tous les "4", qui vont alors se ramifier en 13, 22, 31, 40, 49, 58, 67, 76, 85, 94, 103 …, mais cette arbo­res­cence (de rang 2) est encore assez élémen­taire, ce qui peut expliquer les diver­gences de sens.
Je vous propose de faire des tests (per­son­nel­lement je n’ai pas les outils) avec la cor­res­pon­dance sui­vante (rang 3), laquelle permet de dif­fé­rencier chaque nombre de rang 2.

A = 1 B = 2 C = 3 D = 4 E = 5 F = 6 G = 7 H = 8 1 = 9
J = 10 K = 20 L = 30 M = 40 N = 50 O = 60 P = 70 Q = 80 R = 90
S = 100 T = 200 U = 300 V = 400 W = 500 X = 600 Y = 700 Z = 800

Ianop

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vendredi 3 août 2012 à 18h23 - par  ianop

Bonjour,

Vous posez les bonnes ques­tions. Cependant pourquoi se res­treindre dans l’exploration du sens ?
Reprenons l’exemple de la famille 49 : pourquoi rejeter les mots "schéma", "salle", "hôtel", etc… Par hypo­thèse, tous les mots "49" ont un lien commun (qui reste à déter­miner), ne serait-​​ce que poé­tique : "absence" et "hôtel", par exemple. Je pense que le symbole numé­rique met en évidence un faisceau de liens séman­tiques plus ou moins obscurs qui font appel à nos moti­va­tions pro­fondes - pour la plupart incons­cientes. On est en pleine poésie, mais la poésie n’est-elle pas l’art suprême ?
Ce qui valide la méthode, pour moi, c’est jus­tement la pos­si­bilité que dans une même famille existent des mots échappant à : - synonyme - antonyme - relation causale.
Qu’y a-​​il de commun entre un capi­taine et une bal­lerine (78) ? Quelque chose de non causal en nous connaît la réponse.

Cordialement,
Ianop

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